Rock & Révolution

Conseillé par un membre de la famille, je découvre le groupe Ratt qui manquait singulièrement à ma culture auditive, pourtant friande et assez bonne connaisseuse de hard-rock.

Je ne ferai pas maintenant un éloge de ce que l’on appelle le hard-rock ou le métal, mais je préciserai que ce genre est loin d’être la caricature qu’on lui prête bien souvent. On sous-estime largement sa qualité musicale. Déjà, il faut savoir qu’un groupe de hard-rock est généralement composé d’excellents musiciens, capables d’improviser des solos avec n’importe lequel de leur instrument à l’instar des musiciens de jazz ou du blues. Certaines compositions et certains solos atteignent ainsi une maestria, pour les amateurs de musique, qu’il est désormais impossible de retrouver dans les autres genres musicales modernes. D’ailleurs, en vérité, le hard-rock n’est plus du tout moderne : son modèle appartient aux années 70, 80 et encore un peu 90, bien que des groupes de rock-garage comme Nirvana (c’est à dire précisément sans véritables musiciens) aient définitivement appauvri le genre à partir de ces années.

Bref, sans être la perfection absolue du modèle, Ratt s’écoute et régale à bien des égards. Grosse batterie, rif intéressant, solo impeccable, refrain efficace.

Dans le même temps que j’écoute à nouveau du hard-rock, me voilà plongé dans le livre de Philippe Pichot-Bravard sur la Révolution Française.

Ce livre a le mérite de ne pas être simplement une histoire de plus de notre Révolution, il essaye d’aller découvrir ce que celle-ci a supposé et suppose encore comme changements de paradigmes politiques, sociaux, et, presque, anthropologiques.

Mon imaginaire, propulsé par cette lecture, ne peut s’empêcher de rêver à de nouvelles révolutions. A supposer que le jeu démocratique ne suffise pas, ne suffise plus, et que les institutions soient à ce point bloquées qu’on ne puisse plus, à travers elles, engager un processus de régénération de la Nation (pour parler comme en 1789), alors peut-être faudra-t-il songer à la mise en œuvre d’une nouvelle Révolution Française.

Avant que les Torquemadas de la République s’insurgent en lisant de telles évocations, peut-être devraient-ils penser à ce qu’ils doivent aux révolutions successives dans notre pays. 1789, 1830, 1848 : sans révolution, ils n’auraient pas leur très chère République.  Ils savent mieux que quiconque que, parfois, il est impossible de faire autrement. Alors, interdits comme ils sont de contester l’idée même d’une révolution, qu’ils se taisent et me laissent continuer.

En réalité, il n’est pas si difficile que cela de faire une révolution, même aujourd’hui. Sans compter que la France et sa centralisation sont faites pour les révolutions, ce qui aide beaucoup. Pour ce faire donc, il faut un esprit du temps très contestataire vis à vis des classes dirigeantes et des institutions (nous l’avons), pour que la majorité laisse faire ; il faut des forces de l’ordre prêtes à tourner casaque (nous les avons), comme en 1789 Louis XVI dut retirer les régiments autour de Paris par défiance à l’égard de leur loyauté, laissant ainsi le champs libre aux parisiens ; et il faut enfin mille jeunes gens, peut-être deux ou trois mille, fonçant, un beau matin ou un grand soir, sur l’Élysée, pour y déposer le gouvernement et instituer sur-le-champ une nouvelle constituante.

Mais en définitive, ce qu’il faudrait surtout, c’est un peu de rock.  

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