Orgueil oblige

19/07/14

J’ai toujours été frappé par les gens qui étaient prêts à s’asseoir sur eux-mêmes… histoire de rester assis. Le manque d’orgueil, au sens noble du terme, est sans aucun doute un des nombreux maux du temps, et en tous cas, une des causes de sa médiocrité. L’absence d’orgueil ouvre la porte au cynisme, à l’opportunisme, au mensonge et à la vanité. L’orgueil, lui, crée des hommes sans doute moins sociables, moins béats, plus graves et, peut-être, plus durs à vivre ; mais il est, en fin de compte, une garantie. Il est une garantie de dignité, de franchise, d’honneur et de hauteur en toutes circonstances.

« A quoi reconnaît-on une société médiocre par rapport à une société supérieure ? A ce qu’elle rejette les orgueilleux pour laisser toujours le champ libre aux tappineurs et aux louvoyeurs. »

Ci-gît l’orgueil en politique, laissée aux « débrouillards de la décadence » (comme disait De Gaulle dans un de ses discours d’après guerre), laissée aux léchouilleurs de tous poils et de toutes obédiences, laissée aux flagorneurs et aux démagogues.

Ci-gît l’orgueil en société, dans laquelle ne doivent vivre que des satisfaits, des égaux et des égotiques (des égautiques* devrait-on dire, un mélange entre des nivelés plus bas que terre et des auto-centrés sur eux-mêmes), ainsi que des gens prêts à tout pour une place.

Ci-gît l’orgueil en amour, devenu le théâtre des nécessités, des arrangements et bien souvent des soumissions. Cet « infini mis à la porté des caniches » comme écrivait Céline, a presque fini par ne devenir, par l’absence d’orgueil et de dignité, qu’un os à ronger pour caniches.

Mais que reste-t-il, sinon l’orgueil, à quelqu’un qui, fondamentalement, n’a rien ? Il pourra mourir pauvre et abandonné celui-là, mais il lui restera son orgueil, et ce sera déjà ça.

Ceci dit, je ne sais plus où j’ai lu que les peuples ne se révoltaient pas pour des raisons matérielles, mais lorsqu’ils se sentaient humiliés. Comme quoi, quelle que soit la société, l’orgueil reste le seul sentiment qui fait avancer les choses, et tant pis pour la casse.

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